« Si tu savais »

Certains travaillent dans un silence monacal. D’aucuns pensent en chansons. J’apprécie les deux selon l’humeur du moment. La science ne démontre-t-elle pas que la musique adoucit les mœurs et plus encore ?

Au-delà des goûts personnels, une autre raison s’impose parfois aux auteurs. Narrative, forcément. Il arrive en effet qu’un morceau joué au hasard résonne avec la scène en cours d’écriture, si harmonieusement que les unir relève de l’évidence.

Prenez Vienne. J’ai redécouvert ce chef-d’œuvre en terminant les premières pages du « Marcheur de l’aurore ». Aussitôt que je les entendis, les regrets de Barbara semblèrent faire corps avec ceux d’Aude Le Gallec. À ce « ciel devenu si lourd » pour elle ; à son départ assumé pour elle, quoique contesté par Hadrien ; à ce tiraillement intérieur entre ses espoirs et la réalité… Les paroles donnaient vie à la description mieux que n’importe quel mot, car elles y ajoutaient l’émotion inconsciente d’un air connu. Pas question pour autant de les reproduire – respect d’ordre légal et moral oblige –, d’où la seule référence au titre sous la forme d’un vinyle.

Mais pour les lectrices et lecteurs, également mélomanes, la référence suffit à l’hommage.

Je pourrais détailler ainsi les scènes suivantes et leurs musiques associées, parce qu’elles avaient flotté dans la pièce de mon bureau au moment opportun. De Samuel Barber aux Beatles en passant par le folklore andin, le psychédélisme rock, les interprètes populaires d’Afrique, etc.

C’est un autre exemple qui occupera ce billet aujourd’hui.

Celui d’un texte inédit, une nouvelle annoncée en novembre et dont le thème imposé m’a inspiré l’histoire de Julia et Thomas. Une nuit de révélations où tout bascule.

Son titre : « Si tu savais. »

Le synopsis, le plan ainsi que les protagonistes étaient arrêtés en m’attelant à la rédaction. Et l’ouverture bien sûr, dans un « bar minable » montrant une jeune chanteuse émerger tel un ange au milieu des diables. Or, il manquait à cet instant une illustration musicale ; le contraste de valeurs entre le lieu de ténèbres et l’artiste de lumière.

Quelques notes de piano ont alors joué à la radio.

La voix de Norah Jones.

Don’t know why (I didn’t come)

Une évidence. Encore.

Je pouvais la voir sur l’estrade, devant son micro. J’admirais ce smoky alto jazzy avec ses variations de folk tendre et de blues solaire.

Julia nous transporterait comme elle.

Surtout, le sens des paroles embrassait les atermoiements de Thomas. Son hésitation à faire ce pas qui changerait tout. Et ses remords à l’idée d’y renoncer, par manque de courage.

L’osmose devait toutefois revêtir ici davantage d’importance que dans mon premier roman : au-delà du clin d’œil, il s’agissait d’un élément fondateur de l’intrigue. La tentation de fuir pour Thomas, les rêves d’ailleurs de Julia. Retranscrire l’émoi des personnages devint facile. Il faut toujours ressentir pour comprendre. Quant au reste, il s’écrirait naturellement ou presque.

Si le cœur vous en dit, je vous invite à créer un compte sur le site partenaire de l’éditeur Librinova qui organise le concours, à parcourir mon ouvrage – sans oublier les autres –, voire à laisser un vote ou un avis sur les réseaux sociaux.

En attendant de prochaines « nouvelles », je vous souhaite de bonnes lectures accompagnées de très belles fêtes de Noël.

Dans le partage, le cœur ou l’esprit, avec celles et ceux à qui vous tenez.

Et rappelez-vous : ne perdez jamais de temps pour leur dire.

Si tu savais…